Laurence Boyenval a mis le texte en valeur avec simplicité.
Etonnant spectacle !(…) Le spectateur ne pouvait pas rester indifférent tant au texte qu’à la musique….
Laurence Boyenval dans un jeu très simple, vrai, sans fioriture, saisissante de vérité a formé avec la violoncelliste Evelyne Peudon un duo parfait se répondant dans un langage différent, jamais lassant, appuyant chacun là où ça fait mal…
« La Révolution sociale est le plus cher de mes vœux ! ». C’est ainsi que Laurence BOYENVAL scande avec fureur les convictions de Louise MICHEL. Fierté, opiniâtreté, désir de résistance, telles sont les valeurs incarnées par cette héroïne de la Commune.
Pendant plus d’une heure, Laurence BOYENVAL et Sylvain MARMORAT présentent les étapes incontournables de sa vie : ses prouesses, ses désillusions mais surtout ses espérances. Une mise en scène minimaliste mais efficace : un lit, un pupitre, un fond de scène, quelques projecteurs… Nous voilà ainsi plongés dans son univers.
Les supports techniques, écrits et oraux se succèdent au fil du spectacle : des lectures de lettres, en passant par des extraits d’ouvrages et de reportages, tout est passé au crible. Vous retrouverez tout : son enfance, sa carrière d’enseignante, son engagement pour renverser le pouvoir d’Adolphe THIERS, ses correspondances avec Victor HUGO, son exil en Nouvelle-Calédonie… Rien n’est laissé au hasard.
Le classique et le moderne se tutoient : en effet, nous sommes aussi bien confrontés à des échanges épistolaires qu’à une réadaptation des textes en version rap (merci à l’artiste Esoteriq pour sa collaboration). On innove, on transgresse, on propose une réadaptation des classiques. C’est ce qui fait la force d’une œuvre artistique : le mélange des genres, la résonnance avec notre société (les mouvements sociaux du XXIème siècle, les Gilets Jaunes, le militantisme…).
Louise MICHEL n’agit jamais par opportunisme, elle veut simplement être utile aux autres. Animée par des élans révolutionnaires, aux noms de la paix sociale et de l’égalité entre les peuples, elle arbore le drapeau rouge avec conviction. Il est important, dans un monde complexe, marqué par des incertitudes et des bouleversements idéologiques, de rendre hommage à ce personnage. « J’ai agi d’après mon propre mouvement ! » déclare-t-elle le jour de son procès, au conseil de guerre. Elle ira même jusqu’à suggérer sa propre mort auprès du pouvoir en place : « Si vous n’êtes pas des lâches, tuez-moi ! ». Ne jamais oublier qui nous sommes, d’où nous venons et ce qui nous a forgé. Tel est son message.
Si vous aimez l’histoire, en particulier les épisodes liés à la Révolution Française, nous vous invitons fortement à suivre l’actualité de ce spectacle. Si vous êtes curieux, passionné ou intrigué par la vie de Louise Michel, vous serez bien évidemment les bienvenus. Si, en ces périodes délétères et moribondes pour la culture, vous souhaitez vous faire plaisir et soutenir le monde du spectacle, nous serons ravis de vous accueillir.
Une représentation est programmée le 8 Mars 2021, jour de la journée de la femme. Hasard du calendrier, il s’agira également (à dix jours d’intervalle) du 150 ième anniversaire de la Commune (18 Mars 1871). Nous vous transmettrons les informations dès qu’elles seront officielles (et bien entendu, si la situation sanitaire le permet !).
Nous terminerons cet article par un proverbe Maori, riche d’enseignement : « Tourne toi vers le soleil, et l’ombre sera derrière toi ! ». Belle année 2021 à toutes et tous. Soyez heureux !
Cinq comédiens aguerris, une violoncelliste rompue au spectacle vivant, adaptatrice des partitions chantées et accompagnatrice en live des représentations, le tout sur un texte virevoltant d’Eugène Labiche, inspiré, rempli de l’énergie des farces de Molière font de ce spectacle un bijou de joyeusetés, d’imprévus loufoques.
Scénographiesimple et efficace, nous passons de l’extérieur à l’intérieur du boudoir de la baronne, avec au fond, la chambre de l’enfant Berthe, nœud de l’intrigue.
On rit beaucoup, mais derrière cette farce simple, il y a le Paris qui se transforme, les cabarets qui s’installent intra-muros, le bruit de la fête attirant immédiatement les deux domestiques Marie et Saint-Germain, prêts à tout abandonner pour aller danser. Et là le chaos commence….
A consommer sans modération….
Le cirque est là, Molière aussi ! Ce n’est pas rond, les arêtes sont tranchantes.
L’intrigue de la pièce est entièrement fondée sur le comique de situation. C’est samedi soir, La Baronne de Flasquemont sort et confie sa fille Berthe à la bonne garde de ses deux domestiques, Marie sa femme de chambre, et Saint Germain son chasseur. Heureux d’avoir le champ libre, persuadés que la fillette qui vient de s’endormir ne s’apercevra de rien, ils décident de se rendre au bal Mabille situé sous leur fenêtre. Berthe se gardera toute seule ! Mais …
« Nous avons choisi ce texte de Labiche car il répond complètement aux besoins de joie de nos contemporains. Par une quantité de jeux de scène (dont ceux proposés par Labiche), par le traitement des costumes, du décor, nous mettrons en évidence le côté farcesque de la pièce.
Ce qui m’intéresse au-delà de la farce c’est le regard corrosif et lucide de Labiche sur sa société et ses travers, ainsi que la noirceur de son humour et la férocité de ses portraits :
Une baronne, avec des obligations mondaines, élevant sa fille seule, confiante
Une fillette, intelligente, insupportable et tyrannique,
Deux domestiques peu scrupuleux, fourbes et menteurs.
Tous sont sympathiques.
Il n’y a rien de tragique dans cette pièce, seulement des événements qui mettent les protagonistes dans des situations parfois inconfortables où le mauvais côté de leur personnalité se révèle sans sur-jeu, sans appuyer le trait. »
Sylvain Marmorat
Le spectateur doit rire, mais comme dans toute farce il doit pouvoir se reconnaître
avec les soutiens de Compagnie Résurgences, La Mairie de Cohons, Les Jardins de Vergentières, Ville de Talant, Ville de Dijon, Conseil départemental de Côte d’Or, DRAC Bourgogne Franche Comté
Eh non, malheureusement, le médecin Volant de Molière ne sera pas venu à bout du covid ! C’est bien normal puisque ce fameux Sganarelle, docteur fictif et imposteur à ses heures perdues, ne détient aucune compétence en la matière :
« Moi, médecin, Monsieur ! Je suis prêt à faire tout ce qu’il vous plaira ; mais pour faire le médecin, je suis assez votre serviteur pour n’en rien faire du tout ; et par quel bout m’y prendre, bon dieu ? Ma foi ! Monsieur, vous vous moquez de moi » (Scène II, dialogue entre Valère et Sganarelle).
Pour rappel, le Médecin Volant est une farce en seize scènes composées par le dramaturge Molière en 1650. Sylvain MARMORAT (dans le rôle de Sganarelle, valet de Valère), Laurence BOYENVAL (dans les rôles de Sabine, cousine de Lucile ; de Gros-René, valet de Gorgibus et d’un avocat) et Benoît CHAULEUR (dans les rôles de Valère, amant de Lucile et de Gorgibus, père de Lucile) interprètent avec brio et fantaisie cette incontournable référence du théâtre classique. L’histoire peut se résumer ainsi : Gorgibus veut à tout prix marier Lucile au vieux Villebrequin. Or, Lucile est amoureuse de Valère. Pour retarder le mariage, Sabine élabore un stratagème et demande à Lucile de simuler une maladie. C’est ainsi que le valet Sganarelle, sur ordre de son maître Valère, s’improvise médecin. S’ensuivent alors péripéties, trahisons, consternations et réconciliations.
Les trois comédiens se sont réunis pour une séance de répétitions au théâtre des Feuillants, ce Jeudi 10 Décembre 2020. Ensemble, ils ont servi leurs personnages.
Folie, professionnalisme et abnégation, tels sont les adjectifs pour décrire à la fois l’état d’esprit et le travail entrepris par ce trio d’acteurs. Le décor, qui mélange l’univers du cirque et de la boxe souligne le caractère comique et endiablé de la mise en scène. La dimension classique est respectée mais également sublimée par des annotations contemporaines : de références improvisées sur Stéphane PLAZA à Big bisous, en passant par des anecdotes sur la politique, toutes les générations peuvent se retrouver dans ces partis-pris.
Un cocktail explosif d’émotions diverses nous traverse alors durant le spectacle : de la joie à l’étonnement, en passant par la surprise et l’enjaillement, tout est réuni pour nous faire passer un bon moment. On retrouve le Molière farceur et provocateur du XVIIème siècle, qui nous submerge et nous entraine dans les travers de la condition humaine. On se rend surtout compte qu’en l’espace de quatre siècles, l’homme n’a guère changé, aussi bien dans les coups de génies qu’il peut manifester que dans les tentatives de manipulation qu’il peut incarner.
« Le médecin volant » sera, si la situation sanitaire et les décisions gouvernementales le permettent, présenté trois jours au théâtre des Feuillants (les 4,5 et 6 Janvier 2021) et trois jours au théâtre de Fontaine d’Ouche (les 11,12 et 13 Janvier 2021), à destination d’un public de scolaires et de séances publiques.
Enfin, je conclurais par une citation de l’essayiste Américain du XIXème siècle Ralph Waldo Emerson, extraite de son ouvrage Les lois de la vie (1864) : « Rien n’embellit plus le caractère que le désir de répandre la joie autour de soi ». Prenez soin de vous !
Clément PRIVOLT
N.B : cet article avait été écrit avant les annonces gouvernementales du Jeudi 10 Décembre 2020. Nous ne savions pas à ce moment-là que les structures culturelles resteraient fermées trois semaines supplémentaires. Heureusement, la ville de Dijon, que nous remercions chaleureusement pour son initiative, nous a confirmé que les représentations pourraient être reportées les Jeudi 7 et Vendredi 8 Janvier 2021. Nous vous tiendrons au courant lorsque nous aurons des informations précises sur les horaires et créerons, pour l’occasion, un événement Facebook pour les représentations. Belle semaine à toutes et tous et à bientôt.
Il découvre le théâtre au collège de Châtillon-sur-Seine, suit les créations des Mergnat, Maisonnave, Humbert, Bac à Semur-en-Auxois en 1982 et découvre le festival Scènes en découvertes, aide à la technique, rencontre Le Graffiti, Bozonnet…
Dans la foulée, il arrive à Paris, rentre au cours Florent, le quitte 15 jours après et trouve son bonheur au Joueur Regardé pendant quatre ans. Il obtient un premier rôle professionnel (Chérubin) dans Le Mariage de Figaro au Théâtre de Metz en 1984, mis en scène par Daniel Postal.
En 1988, il crée Le mendiant ou le chien mort de Brecht au Rocher des Doms, et emprunte le même nom pour la Compagnie, arrivée en Bourgogne en 1989 à Châtillon-sur Seine, avec une convention de création sur trois ans (répertoire contemporain et classique). Il rencontre Michael Lonsdale, joue sous sa direction pendant cinq ans dans le spectacle « Bernard de Clairvaux » où il tient le rôle titre, et continue ce compagnonnage jusqu’ en 2012 (L’Amante anglaise de Duras).
La compagnie arrive à Talant en 1991 où elle crée, répète, anime la cité, dans toute sa diversité, il crée la Saison Eclats de voix.
Sylvain Marmorat met en scène, joue, assure l’enseignement Théâtre pour les options en lycée et collège, forme les enseignants de collèges et lycées à la demande du rectorat, et intervient au sein des écoles, des foyers ruraux, des troupes amateurs, etc….
Il rencontre Jacques Fornier en 1997, un comédien, coach, complice et ami, qui participe en tant qu’acteur, metteur en scène (en co-mise en scène avec Sylvain MARMORAT), et directeur d’acteur.
De 2008 à 2017, il met en scène des spectacles son et lumière avec près de 300 figurants.
2023 : Le Petit Bonnet Rouge Rôle : La grand-mère Texte et mise en scène : Laurence Boyenval Chorégraphie : Mehdi Diouri
2020 : Louise Michel # Louise Maboul Co-Ecriture et Co-Mise en scène et jeu avec Laurence Boyenval
2018 : Le Songe d’une Nuit d’été Rôle : Bottom Texte : William Shakespeare Mise en scène: Sylvain Marmorat
2017: Poil de Carotte Rôle : Monsieur Lepic Texte : Jules Renard Mise en scène: Sylvain Marmorat
2016: La Fille Bien Gardée Rôle : Saint Germain Texte : Labiche Mise en scène : Sylvain Marmorat
2016: Le Nouveau Monde de Pilick Mise en scène et scénographie: Sylvain Marmorat
2015: L’Histoire du Soldat Rôle : Le Diable Texte : Ramuz Mise en scène : Yasmine Gazarian
2014: Les Miettes Rôle : Choupet Texte : Louis Calaferte Mise en scène Caroline Fornier
2013: L’Histoire d’Amour du Siècle Texte : Marta Tikkanen Mise en scène :Sylvain Marmorat
2012: L’Amante Anglaise Rôle : L’Interrogateur Texte : Marguerite Duras Mise en scène :Sylvain Marmorat/Michael Lonsdale
2011: Phèdre ~Epilogue Rôle: Le spectre Mise en scène : Jacques Fornier, Sylvain Marmorat Texte : Racine adapté par Laurence Boyenval
2010 : Le Médecin Volant Rôle : Sganarelle Mise en scène : Pierre Yanelli Texte : Molière
2009: Fuga Mise en scène : Sylvain Marmorat Texte : Jean-Michel Baudoin
2009: Les derniers devoirs Rôle : Henri Mise en scène : Sylvain Marmorat Texte : Louis Calaferte
2007: Britannicus Rôle : Néron Texte : Jean Racine Mise en scène: Sylvain MARMORAT
2005: La Bataille de Waterloo Mise en scène : Sylvain Marmorat Texte : Louis Calaferte
2005: Clap et Black Out Mise en scène/ Valéry Forestier Texte : Louis Calaferte Jeu: Sylvain Marmorat
2003: Histoire du soldat Rôle : Le Narrateur Texte : Ramuz Mise en scène : Sylvain Marmorat
2001: Phèdre & Hippolyte Mise en scène : Sylvain Marmorat Texte : Racine
2001: La Nuit juste avant les forêts Texte: Bernard-Marie Koltès rôle de l’Homme Mise en scène : Valéry Forestier
2000: Les Sincères Rôle : Le Valet Mise en scène Stéphane Cavallini/ texte de Marivaux
2000: Far-Craf Mise en scène Pierre Yanelli textes de Harold Pinter, Dino Buzzati, Michel de Ghelderode
1999: La Chasse aux rats Rôle : Lui Mise en scène : François Jacob Texte : Peter Turrini
1999: Histoire du Vieux Temps Rôle : Le Comte Mise en scène Valéry Forestier Texte de Guy de Maupassant
1998: La Porte d’Harmonie Rôle : Pierre Mise en scène : Sylvain Marmorat texte de Frédérique Gagnol
1997: Baudelaire Nadar ou le spleen couleur sepia Rôle: assistant de Nadar et admirateur de Baudelaire et de sa poésie
1994: L’Amour en visites Texte: Alfred Jarry Rôle: Lucien Mise en scène: Sylvain Marmorat
1990: 3 pièces de Courteline Texte: Georges Courteline Rôles: Théodore, monsieur Boulingrin Mise en scène: Sylvain Marmorat
1989-1996: Pedro et le Capitaine Texte: Mario Benedetti Mise en scène: Doride Salti Rôle: Pedro
1989- 1993: La surface de réparation Texte: Raymond Dutherque Mise en scène: André Batisse Rôle: Jeff
1989 – 1994 Bernard de Clairvaux Rôle : Bernard de Clairvaux Mise en scène : Michael Lonsdale
1988-1997: Le Mendiant ou le Chien Mort Texte: Bertold Brecht Mise en scène : Sylvain Marmorat et Aldo Magno Echange de rôles