Le Souper de Jean-Claude Brisville

Entre ironie, tension et intelligence, Le Souper nous plonge dans les coulisses du pouvoir, là où les grandes décisions se prennent loin du peuple, dans l’ombre et la ruse. C’est une pièce captivante où l’Histoire rencontre le théâtre, et où deux esprits brillants s’affrontent dans un duel aussi drôle que cruel.

Une œuvre courte, mais puissante, qui montre que parfois, un simple dîner peut changer le cours de l’Histoire.

L’action se déroule lors d’une soirée historique : le 6 juillet 1815, juste après la défaite de Napoléon à Waterloo le 18 juin 1815 et de son abdication. Elle met en scène deux figures politiques majeures de l’époque, Charles-Maurice de Talleyrand, diplomate rusé, ancien ministre de Napoléon et ancien président du gouvernement provisoire de Louis XVIII, et Joseph Fouché, ministre de la police de Napoléon 1er et Président de la commission de gouvernement sous Napoléon 2.

C’est un huis clos politique et psychologique où les deux hommes discutent de l’avenir de la France. Ils cherchent à s’entendre pour organiser la transition politique et éviter le chao, tout en manœuvrant l’un contre l’autre pour asseoir leurs propres ambitions. L’œuvre est marquée par des dialogues incisifs et une tension dramatique intense, mêlant ironie, cynisme et intelligence.

La pièce a souvent été saluée pour la qualité de son écriture et pour la complexité des personnages, qui incarnent  les visions opposées du pouvoir et de la morale.

En guise de préambule, deux valets, au service de Talleyrand,  tout en dressant la table présentent la situation politique instable de la France et nous renseignent sur les événements. Paris est occupé par les Russes, les Autrichiens, les Prussiens et les Anglais. Un rassemblement de Parisiens manifeste sa colère devant le Palais de Talleyrand. Malgré leur appartenance totale à leur Maître, les deux valets , serviles et drôles à la fois, se questionnent.

L’entrée des protagonistes Talleyrand et Fouché dans ce salon peu éclairé nous plonge dans une ambiance inquiétante.

Fouché serait-il tombé dans un traquenard ?

Après les convenances d’usage, quelques formules de fausse politesse, il s’agit donc de se mettre à table !

Dans tous les sens du terme !

CHACUN POSSEDE SON PROJET

Talleyrand souhaite le retour de la Monarchie avec Louis XVIII, frère de Louis XVI.

Fouché désire l’instauration d’une nouvelle République.

Aucun ne peut imposer sa volonté seul, ils doivent négocier.

La joute verbale peut commencer : les grands fauves, grands serviteurs de la Nation, vont s’affronter. La langue est ciselée et donne tout le caractère, les ambiguïtés, l’humour au deuxième (voire au troisième) degré, des personnages. Chaque mot est une arme, chaque silence une stratégie. Ce duel verbal expose les coulisses du pouvoir : ambitions, manipulations, trahisons… Mais aussi le prix à payer pour préserver l’ordre.

LES METS SONT SERVIS

Le repas préparé par Antoine Marie Carême, inventeur de la cuisine diplomatique et certainement le meilleur chef cuisinier occidental offre des moments savoureux.

Talleyrand s’amuse de voir Fouché déguster sans retenue les mets et les vins qui lui sont proposés. Lui-même boit et mange peu afin de mieux étudier son invité.

Fouché se grise et se laisse aller aux confidences.

Les puissances étrangères, le peuple, présent dans la rue, devant les fenêtres du Palais bousculent cette partie d’échec.

Au-delà du contexte historique, la pièce soulève des questions universelles : la légitimité du pouvoir, le poids de la morale en politique et l’art de la négociation.

La Distribution

Texte : Jean-Claude Brisville

Mise en scène : Sylvain Marmorat

Jeu :

Sylvain Marmorat : Joseph Fouché

Benoit Chauleur : Charles-Maurice de Talleyrand

Thomas Ianuzzi : Jacques

Simon Marmorat : Thomas

Décor et Costumes : Louisa Breysse

Lumière : Léa Pierre

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